Le Prix de traduction Nicole Karatson-Bagarry 2018 a été décerné à Catherine Fay pour sa traduction de "Szindbad hazamegy" de Sándor Márai, (Dernier jour à Budapest, chez Albin Michel).
Le prix lui sera remis le 7 février 2018 à 19h30 à l'Institut Hongrois, 92 rue Bonaparte, 75006 Paris.
Ce blog est consacré au grand écrivain hongrois Sándor MÁRAI (1900-1989) et à toutes les informations ayant un rapport avec son oeuvre (en particulier une bibliographie multilingue), sa vie et les manifestations qui peuvent le concerner.
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Buste de Sándor MÁRAI et texte introductif
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samedi 3 février 2018
mercredi 11 octobre 2017
Dernier jour à Budapest
C'est sous ce titre qu'Albin Michel fait paraître la traduction par Catherine Fay de "Szindbád Hazamegy" (littéralement "Sindbad rentre à la maison"), roman-pastiche-hommage de Sándor Márai à l'écrivain hongrois qu'il a peut-être le plus apprécié : Gyula Krúdy.
Sortie en librairie, le 1er novembre.
Voici la présentation qu'en fait l'éditeur :
Un matin du mois de mai, Sindbad quitte son domicile d’Óbuda en promettant à sa femme de rapporter, avant la tombée de la nuit, les soixante pengös nécessaires à l’achat d’une robe pour leur petite fille. Mais à peine parti, ses bonnes intentions se dissipent. Cédant à la tentation d’une balade en calèche, il se laisse aller à une douce flânerie, revisitant le Budapest d’hier, au gré des lieux aimés : le bain turc, où « Orient et Occident fusionnaient dans les brumes de chaleur », le café Chicago où il écrivait, les restaurants où il dînait…
Sortie en librairie, le 1er novembre.
Voici la présentation qu'en fait l'éditeur :
Dernier jour à Budapest
Dernier jour à Budapest, publié en Hongrie en 1940, réunit de manière singulière deux virtuoses de la littérature hongroise du XXè siècle. Sándor Márai, l’auteur des Braises, y rend hommage à son maître, Gyula Krúdy, dandy ténébreux et personnage légendaire de la bohème littéraire de Budapest, surnommé ici Sindbad, comme le héros de plusieurs de ses nouvelles.
Un matin du mois de mai, Sindbad quitte son domicile d’Óbuda en promettant à sa femme de rapporter, avant la tombée de la nuit, les soixante pengös nécessaires à l’achat d’une robe pour leur petite fille. Mais à peine parti, ses bonnes intentions se dissipent. Cédant à la tentation d’une balade en calèche, il se laisse aller à une douce flânerie, revisitant le Budapest d’hier, au gré des lieux aimés : le bain turc, où « Orient et Occident fusionnaient dans les brumes de chaleur », le café Chicago où il écrivait, les restaurants où il dînait…
Entre Histoire et fiction, Sándor Márai livre un récit envoûtant et nostalgique, à la beauté crépusculaire, où ses propres souvenirs d’avant-guerre se mêlent, avec une puissance évocatrice décuplée, à l’imaginaire de l’un des plus grands écrivains hongrois.
dimanche 2 juin 2013
A propos de Márai et Krúdy
A l’occasion de la parution de Sindbad torna
a casa, traduction en italien de Szindbád hazamegy de Sándor Márai (voir message du 21 mai), voici, avec l’aimable autorisation de M.
Ákos Cseke de l’université Pázmány de Budapest, quelques extraits de sa
communication au colloque sur Sándor Márai (avril 2010) reprise dans La
fortune littéraire de Sándor Márai (Editions
des Syrtes ; voir sur ce blog le message du 24 septembre 2012).
... Nous avons, d'un
côté, un auteur ignoré de la plupart des
Français [Krúdy], une œuvre intraduisible, que seuls les Hongrois ont le privilège de pouvoir véritablement comprendre,
et, de l’autre, un roman que notre écrivain [Márai] consacre à cet auteur
mystérieux, dont il imite les thèmes et le
style, parfaitement insaisissables au lecteur français faute de
traduction et faute pour lui de ressentir cette tristesse éminente des Hongrois
dont parle Márai.
Mais ce n'est pas tout :
les difficultés de la traduction commencent dès la traduction du titre, avec le
mot hazamenni, qu'on traduit par « rentrer chez soi » ou « retourner », mais qui renvoie aussi à l'idée de
la mort et de l'agonie. Comme il s'agit de la dernière journée de la vie de Sindbad, le verbe hazamegy signifie
tout simplement « mourir ». Le nom de Sindbad pose également problème.
En effet, si un lecteur français entend parler de Sindbad, il pense à coup sûr au héros des Mille et une nuits, or
le Sindbad en question n'a a rien à
voir avec ces contes arabes. Pour un lecteur hongrois, il est évident
que Sindbad, c'est Krúdy lui-même ou un Krúdy vu par Márai, puisque Sindbad est
le héros de plusieurs œuvres de Krúdy et que Márai, dans son roman, identifie
Krúdy avec son héros, lequel héros, en dehors de son nom, n'a rien de commun
avec le voyageur oriental.
![]() |
| Couverture de l'édition hongroise montrant Krúdy à sa fenêtre |
… Plus qu'un
roman sur Krúdy, Szindbád hazamegy —
que je traduis par Sindbad rentre —
est un roman sur la Hongrie, ce pays « triste dans son cœur[1] », un
roman sur le peuple magyar, sur ses rêves, mais aussi sur les estomacs hongrois
et les panses hongroises, sur les lieux magiques de l'ancien Budapest, sur les
rues et les maisons d'Óbuda, sur les cafés et les bains budapestois, sans
oublier les écrivains contemporains de Krúdy et de Márai. C'est tout un monde
qui se dessine, un monde qui, comme le dit Márai, n'est connu que de deux êtres
: Dieu et Gyula Krúdy.
… Sindbad
rentre reste un roman incontournable, qui appelle à l'analyse du rapport entre
ces deux auteurs hongrois. Pour Márai, Krúdy n'est pas un auteur quelconque ni
simplement l'un de ses auteurs préférés : Gyula Krúdy est l'écrivain par
excellence, le plus grand écrivain du xxe siècle. Ce ne sont pas des paroles en
l'air. D'après son journal de 1989, Krúdy est le seul écrivain qu'il pouvait
encore lire à la fin de sa vie, quand il en avait assez de toute la
littérature. Krúdy, pour lui, est quelque chose d'unique, d'intime ; c'est une
relation amoureuse.
mardi 21 mai 2013
Sindbad torna a casa
Pour celles et ceux qui lisent l'italien, signalons la parution récente de "Sindbad torna a casa" traduction par Marinella d'Alessandro de "Szindbád hazamegy". Ce roman que Sándor Márai écrivit en 1940, est un hommage à Gyula Krúdy écrivain du début du 20ème siècle que Márai vénérait comme un maître et qui tout au long de sa vie avait périodiquement écrit des romans autour du personnage de Sindbad, un véritable double de lui-même.
Extraits de la présentation :
![]() |
| * le personnage représenté sur la couverture n'est pas Krúdy, mais Zoltán Latinovits dans le film "Szindbád" de Zoltán Huszárik (1971) |
... in una mattina di maggio, Sindbad esce dalla
sua abitazione nel sobborgo di Óbuda con l'intenzione, una volta tanto, di
tornare presto e provvisto di denaro e regali per la figlia e la moglie ... Ma dopo aver ceduto alla tentazione di salire su
una carrozza pubblica – una delle ultime –, i buoni propositi cominciano
impercettibilmente a svaporare ... E come in sogno, lasciandosi scivolare in una
morbida flânerie, Sindbad rivisita quel mondo scomparso vagabondando e
indugiando nei luoghi che ancora ne conservano le tracce: dal bagno turco, dove
«Occidente e Oriente si confondevano nella nebbia bollente», ai caffè –
«pacifiche isole della solitudine, della meditazione, della memoria e dei
passatempi silenziosi» –, a uno di quei ristoranti dove ancora si avverte, «nel
profumo dello spezzatino e nell'acidulo odore di birra», la sensazione di vita
che pervade l'ungherese allorché legge i grandi poeti nazionali. Per imboccare
infine la via di casa solo verso l'alba – prendendo congedo, forse per sempre,
da quella città dove tutto pare dimezzato, «come se il piccone del tempo avesse
demolito il nobile, prestigioso edificio del passato».
| Buste de Gyula Krúdy à Óbuda |
... un matin de mai, Sindbad sort de chez lui dans le faubourg d'Óbuda avec l'intention pour une fois, de revenir vite, bien pourvu d'argent et de cadeaux pour sa fille et pour sa femme ... Mais après avoir cédé à la tentation de monter dans un fiacre publique – un des derniers – ses bonnes résolutions commencent doucement à s'évaporer ... Et comme dans un rêve, se laissant glisser dans une douce flânerie, Sindbad, dans un vagabondage hésitant, revisite ce monde disparu dans les lieux qui en conservent encore la trace : depuis le bain turc où "l'Occident et l'Orient se confondaient dans un brouillard brûlant" jusqu'aux cafés – "ces îles pacifiques de la solitude, de la méditation, de la mémoire et des passe-temps silencieux" – ou à l'un de ces restaurants où se perçoit encore, "dans le parfum du ragoût et l'odeur acidulée de la bière", la sensation de vie qui envahit le hongrois lorsqu'il lit les grands poètes nationaux. Pour finir par prendre le chemin de la maison seulement au petit matin – prenant congé, peut-être pour toujours, de cette ville où tout parait coupé en deux, "comme si la pioche du temps avait démoli l'édifice noble et prestigieux du passé".
vendredi 5 avril 2013
Márai mobilisé pour Krúdy
| Buste de Krúdy à Obuda |
Albin Michel "sort" un roman de Gyula Krúdy et fait appel à Sándor Márai pour sa promotion.
Sur le bandeau du roman "L'affaire Eszter Solymosi" qui vient de paraître figure une citation de Sándor Márai : "Gyula Krúdy est un géant". Il semble bien en effet que c'était l'écrivain hongrois le plus admiré par Márai.
Et puis la traductrice en français, Catherine Fay, est aussi celle des derniers romans de Márai publiés chez Albin Michel, qui doit d'ailleurs nous en fournir cet automne un nouveau titre.
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Et puis la traductrice en français, Catherine Fay, est aussi celle des derniers romans de Márai publiés chez Albin Michel, qui doit d'ailleurs nous en fournir cet automne un nouveau titre.
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