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samedi 3 février 2018

Prix de traduction Nicole Karatson-Bagarry 2018 à Catherine Fay

Le Prix de traduction Nicole Karatson-Bagarry 2018 a été décerné à Catherine Fay pour sa traduction de "Szindbad hazamegy" de Sándor Márai, (Dernier jour à Budapest, chez Albin Michel).
Le prix lui sera remis le 7 février 2018 à 19h30 à l'Institut Hongrois, 92 rue Bonaparte, 75006 Paris.  

mercredi 11 octobre 2017

Dernier jour à Budapest

C'est sous ce titre qu'Albin Michel fait paraître la traduction par Catherine Fay de "Szindbád Hazamegy" (littéralement "Sindbad rentre à la maison"), roman-pastiche-hommage de Sándor Márai à l'écrivain hongrois qu'il a peut-être le plus apprécié : Gyula Krúdy.
Sortie en librairie, le 1er novembre.

Voici la présentation qu'en fait l'éditeur :

Dernier jour à Budapest
Dernier jour à Budapest, publié en Hongrie en 1940, réunit de manière singulière deux virtuoses de la littérature hongroise du XXè siècle. Sándor Márai, l’auteur des Braises, y rend hommage à son maître, Gyula Krúdy, dandy ténébreux et personnage légendaire de la bohème littéraire de Budapest, surnommé ici Sindbad, comme le héros de plusieurs de ses nouvelles.  


Un matin du mois de mai, Sindbad quitte son domicile d’Óbuda en promettant à sa femme de rapporter, avant la tombée de la nuit, les soixante pengös nécessaires à l’achat d’une robe pour leur petite fille. Mais à peine parti, ses bonnes intentions se dissipent. Cédant à la tentation d’une balade en calèche, il se laisse aller à une douce flânerie, revisitant le Budapest d’hier, au gré des lieux aimés : le bain turc, où «  Orient et Occident fusionnaient dans les brumes de chaleur  », le café Chicago où il écrivait, les restaurants où il dînait…  
Entre Histoire et fiction, Sándor Márai   livre un récit envoûtant et nostalgique, à la beauté crépusculaire, où ses propres souvenirs d’avant-guerre se mêlent, avec une puissance évocatrice décuplée, à l’imaginaire de l’un des plus grands écrivains hongrois.

dimanche 2 juin 2013

A propos de Márai et Krúdy


A l’occasion de la parution de Sindbad torna a casa, traduction en italien de Szindbád hazamegy de Sándor Márai (voir message du 21 mai), voici, avec l’aimable autorisation de M. Ákos Cseke de l’université Pázmány de Budapest, quelques extraits de sa communication au colloque sur Sándor Márai (avril 2010) reprise dans La fortune littéraire de Sándor Márai (Editions des Syrtes ; voir sur ce blog le message du 24 septembre 2012).


... Nous avons, d'un côté, un auteur ignoré de la plupart des Français [Krúdy], une œuvre intraduisible, que seuls les Hongrois ont le privilège de pouvoir véritablement comprendre, et, de l’autre, un roman que notre écrivain [Márai] consacre à cet auteur mystérieux, dont il imite les thèmes et le style, parfaitement insaisissables au lecteur français faute de traduction et faute pour lui de ressentir cette tristesse éminente des Hongrois dont parle Márai.

Mais ce n'est pas tout : les difficultés de la traduction commencent dès la traduction du titre, avec le mot hazamenni, qu'on traduit par « rentrer chez soi » ou « retourner », mais qui renvoie aussi à l'idée de la mort et de l'agonie. Comme il s'agit de la dernière journée de la vie de Sindbad, le verbe hazamegy signifie tout simplement « mourir ». Le nom de Sindbad pose également problème. En effet, si un lecteur français entend parler de Sindbad, il pense à coup sûr au héros des Mille et une nuits, or le Sindbad en question n'a a rien à voir avec ces contes arabes. Pour un lecteur hongrois, il est évident que Sindbad, c'est Krúdy lui-même ou un Krúdy vu par Márai, puisque Sindbad est le héros de plusieurs œuvres de Krúdy et que Márai, dans son roman, identifie Krúdy avec son héros, lequel héros, en dehors de son nom, n'a rien de commun avec le voyageur oriental.

Couverture de l'édition hongroise
montrant Krúdy à sa fenêtre
… Plus qu'un roman sur Krúdy, Szindbád hazamegy — que je traduis par Sindbad rentre — est un roman sur la Hongrie, ce pays « triste dans son cœur[1]  », un roman sur le peuple magyar, sur ses rêves, mais aussi sur les estomacs hongrois et les panses hongroises, sur les lieux magiques de l'ancien Budapest, sur les rues et les maisons d'Óbuda, sur les cafés et les bains budapestois, sans oublier les écrivains contemporains de Krúdy et de Márai. C'est tout un monde qui se dessine, un monde qui, comme le dit Márai, n'est connu que de deux êtres : Dieu et Gyula Krúdy.

… Sindbad rentre reste un roman incontournable, qui appelle à l'analyse du rapport entre ces deux auteurs hongrois. Pour Márai, Krúdy n'est pas un auteur quelconque ni simplement l'un de ses auteurs préférés : Gyula Krúdy est l'écrivain par excellence, le plus grand écrivain du xxe siècle. Ce ne sont pas des paroles en l'air. D'après son journal de 1989, Krúdy est le seul écrivain qu'il pouvait encore lire à la fin de sa vie, quand il en avait assez de toute la littérature. Krúdy, pour lui, est quelque chose d'unique, d'intime ; c'est une relation amoureuse.


mardi 21 mai 2013

Sindbad torna a casa

Pour celles et ceux qui lisent l'italien, signalons la parution récente de "Sindbad torna a casa" traduction par Marinella d'Alessandro de "Szindbád hazamegy". Ce roman que Sándor Márai écrivit en 1940, est un hommage à Gyula Krúdy écrivain du début du 20ème siècle que Márai vénérait comme un maître et qui tout au long de sa vie avait périodiquement écrit des romans autour du personnage de Sindbad, un véritable double de lui-même.
 
Extraits de la présentation :


* le personnage représenté sur la couverture
n'est pas Krúdy, mais Zoltán Latinovits
dans le film "Szindbád" de Zoltán Huszárik (1971)
... in una mattina di maggio, Sindbad esce dalla sua abitazione nel sobborgo di Óbuda con l'intenzione, una volta tanto, di tornare presto e provvisto di denaro e regali per la figlia e la moglie ... Ma dopo aver ceduto alla tentazione di salire su una carrozza pubblica – una delle ultime –, i buoni propositi cominciano impercettibilmente a svaporare ... E come in sogno, lasciandosi scivolare in una morbida flânerie, Sindbad rivisita quel mondo scomparso vagabondando e indugiando nei luoghi che ancora ne conservano le tracce: dal bagno turco, dove «Occidente e Oriente si confondevano nella nebbia bollente», ai caffè – «pacifiche isole della solitudine, della meditazione, della memoria e dei passatempi silenziosi» –, a uno di quei ristoranti dove ancora si avverte, «nel profumo dello spezzatino e nell'acidulo odore di birra», la sensazione di vita che pervade l'ungherese allorché legge i grandi poeti nazionali. Per imboccare infine la via di casa solo verso l'alba – prendendo congedo, forse per sempre, da quella città dove tutto pare dimezzato, «come se il piccone del tempo avesse demolito il nobile, prestigioso edificio del passato».
 

Buste de Gyula Krúdy à Óbuda
... un matin de mai, Sindbad sort de chez lui dans le faubourg d'Óbuda avec l'intention pour une fois, de revenir vite, bien pourvu d'argent et de cadeaux pour sa fille et pour sa femme ... Mais après avoir cédé à la tentation de monter dans un fiacre publique – un des derniers – ses bonnes résolutions commencent doucement à s'évaporer ... Et comme dans un rêve, se laissant glisser dans une douce flânerie, Sindbad, dans un vagabondage hésitant, revisite ce monde disparu dans les lieux qui en conservent encore la trace : depuis le bain turc où "l'Occident et l'Orient se confondaient dans un brouillard brûlant" jusqu'aux cafés – "ces îles pacifiques de la solitude, de la méditation, de la mémoire et des passe-temps silencieux" – ou à l'un de ces restaurants où se perçoit encore, "dans le parfum du ragoût et l'odeur acidulée de la bière", la sensation de vie qui envahit le hongrois lorsqu'il lit les grands poètes nationaux. Pour finir par prendre le chemin de la maison seulement au petit matin – prenant congé, peut-être pour toujours, de cette ville où tout parait coupé en deux, "comme si la pioche du temps avait démoli l'édifice noble et prestigieux du passé".

vendredi 5 avril 2013

Márai mobilisé pour Krúdy

Buste de Krúdy à Obuda

Albin Michel "sort" un roman de Gyula Krúdy et fait appel à Sándor Márai pour sa promotion.
Sur le bandeau du roman "L'affaire Eszter Solymosi" qui vient de paraître figure une citation de Sándor Márai : "Gyula Krúdy est un géant". Il semble bien en effet que c'était l'écrivain hongrois le plus admiré par Márai.
Et puis la traductrice en français, Catherine Fay, est aussi celle des derniers romans de Márai publiés chez Albin Michel, qui doit d'ailleurs nous en fournir cet automne un nouveau titre.
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