Participants à la table-ronde : Catherine Fay traductrice littéraire, András Kányádi maître de conférences (INALCO). Des extraits seront lus par un comédien.
Ce blog est consacré au grand écrivain hongrois Sándor MÁRAI (1900-1989) et à toutes les informations ayant un rapport avec son oeuvre (en particulier une bibliographie multilingue), sa vie et les manifestations qui peuvent le concerner.
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Buste de Sándor MÁRAI et texte introductif
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samedi 3 octobre 2015
"La nuit du bûcher" présenté le 28 octobre à l'Institut Hongrois
La séance d’octobre des
rendez-vous littéraires de l’Institut hongrois verra le lancement de l’édition
française de La Nuit du Bûcher de Sándor Márai, à paraître en
novembre chez Albin Michel (le 5 novembre en librairie) dans une traduction de Catherine Fay. Dans ce roman
autour de la figure de Giordano Bruno, Márai explore l’Europe de l’Inquisition
au 16ème siècle et la
fait entrer en résonance avec l’époque contemporaine : un véritable
réquisitoire contre le totalitarisme où perce toute la finesse d’analyse du
romancier.
Participants à la table-ronde : Catherine Fay traductrice littéraire, András Kányádi maître de conférences (INALCO). Des extraits seront lus par un comédien.
Voir le programme de l'Institut Hongrois
Participants à la table-ronde : Catherine Fay traductrice littéraire, András Kányádi maître de conférences (INALCO). Des extraits seront lus par un comédien.
Libellés :
Albin Michel,
András Kányádi,
Catherine Fay,
Giordano Bruno,
Inquisition,
Institut Hongrois de Paris,
La nuit du bûcher,
littérature hongroise,
Marai,
roman,
Rome
dimanche 2 mars 2014
2013, un bon millésime pour l’œuvre de Márai
L’année 2013 a été un « bon cru » pour l’œuvre de
Sándor Márai, riche en rééditions, traductions, et qui a vu aussi la parution d’un inédit en
Hongrie.
Réédition chez Helikon (Budapest) de Ég és föld (Ciel et terre- épigrammes,
aphorismes), Kassai őrjárat (Patrouille à Kassa – récit de son voyage dans sa
ville natale en 1941-42), Eszter
hagyatéka (L’héritage d’Esther – roman), Az igazi (L’authentique) et Judit
…és az utóhang (Judith ...et appendice) qui constituent les quatre parties
du roman paru en français sous le titre « Métamorphoses d’un
mariage », Válás Budán (Divorce à Buda – roman) et Egy polgár vallomásai (Les confessions d’un bourgeois - avec la
mention « édition intégrale, non censurée » !).
Des nouveautés : Beszéljünk másról? Publicisztika 1943–1978
(Pouvons-nous parler
d’autre chose ? 1943-1978 –chroniques), Régi
Kassa, álom… (Ancienne Kassa, un rêve... – d’après la présentation, il
semble qu’il s’agisse d’une anthologie de textes sur Kassa, sa ville natale).
Helikon poursuit
aussi l’édition du Journal : en 2013 est paru le volume des années 1964 à 1966.
Et surtout est
paru en avril 2013, toujours chez Helikon, l’inédit Hallgatni akartam (J’ai voulu me taire – continuation des « Confessions
d’un bourgeois » à partir de 1938, voir mon article du 12 août 2013).
![]() |
| Dépôt de gerbes au pied de la statue de Sándor Márai, à Košice, le 11 avril 2013 |
Régi Kassa, álom… a été présenté le 11 avril 2013 (anniversaire de Márai) à Košice - Kassa (alors capitale européenne de la culture), après une cérémonie officielle près de sa statue.
Des traductions aussi :
en français : Les mouettes (traduction de Siraly - « Mouette»)
en italien : Sinbad torna a casa (traduction de Szindbád hazamegy – « Sinbad rentre »)
en allemand : Die Frauen von Ithaka (traduction de Béké Ithakaban – « Paix à Ithaque »)
en portugais : A Irmã (traduction de A növer – « La sœur »)
en castillan : Liberación (traduction de Szabadulás -« Libération »)
Espérons que l’année 2014 sera elle aussi un bon millésime
pour la diffusion de l’œuvre de Sándor Márai.
dimanche 17 novembre 2013
"Les mouettes", ma critique
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| Jaquette du roman |
Les
mouettes * est un roman
écrit par Márai en 1942, dans une période où la Hongrie, si elle a bien choisi son
camp, celui du fascisme, n'est pas encore entièrement concernée dans le
conflit mondial qui fait rage à ses frontières.
*il aurait été plus conforme au titre original de l'intituler "Une mouette", ou "Mouette" tout simplement ; mais on sait bien que le choix d'un titre n'est pas affaire de traduction fidèle mais de marketing
*il aurait été plus conforme au titre original de l'intituler "Une mouette", ou "Mouette" tout simplement ; mais on sait bien que le choix d'un titre n'est pas affaire de traduction fidèle mais de marketing
Et
cette situation très spéciale est un des ressorts de l'intrigue du roman. Le
personnage principal vient de rédiger l'annonce d'une décision étatique majeure
dans ce contexte, quand se présente à lui une jeune femme finnoise, qui ressemble
à s'y méprendre à celle qu'il a aimée et qui s'est suicidée quelques années
plus tôt. En quelques heures va se nouer entre ces deux êtres des relations de
curiosité, d'attirance, de confrontation et aussi de joute
quasi-professionnelle.
Sándor
Márai capte ces deux êtres à un moment où leurs destins individuels se mêlent à
l’Histoire avec un grand H.
« Ce n'est sans doute pas un hasard
si nos destins se ressemblent également. Le sort des petits peuples ne nécessite
pas une puissante imagination : c'est toujours la même fatalité qui leur
souffle leurs paroles et leurs actes, et les mêmes forces et les mêmes
adversaires qui les poursuivent, de toute éternité... Parce que, lorsque nous
arriverons au bout de cette nuit, nous connaîtrons, aussi la guerre qui, je
l'ai compris à présent, est une loi générale comme Dieu, l'amour et la mort. Tu
voulais dire quelque chose ?... »
Márai
y fait preuve une nouvelle fois de ses qualités de chirurgien des âmes, au
style toujours aussi fluide, aussi précis et en même temps poétique auquel nous
ont accoutumés ses autres romans, style très agréablement rendu par sa traductrice
Catherine Fay.
« L'amour... Tu ne te souviens pas ?
Tu as retrouvé le calme en toi et autour de toi. Tu t'es déshabitué de jeter de
temps à autre un coup d'œil injustifié sur les aiguilles de ta montre-bracelet,
de dresser l'oreille à la moindre sonnerie du téléphone, de tourner brusquement
la tête en entendant appuyer sur la poignée de la porte, de fouiller d'une main
dans le courrier du matin en cherchant parmi les enveloppes les signes de
l'écriture familière avec une curiosité et une tension anormales... tout cela
est fini désormais. Et maintenant ? N'as-tu pas peur, n'as-tu pas honte
d'accueillir à nouveau dans ta vie cette inquiétude confuse et humiliante ? … »
« Supporter encore une fois que ton
corps et ton âme soient attachés à quelqu'un, c'est-à-dire prisonniers de
quelqu'un, quitter à nouveau la solitude dont la vie et la sagesse ont par
bonté revêtu tes épaules comme d'un manteau sombre qui te sépare du monde mais
t'en protège aussi, comme l'habit protège le moine... À nouveau, «vivre à fond
», c'est-à-dire vivre à moitié puisqu'il te faut tout partager avec un tyran
curieux et puéril dont ce n'est même pas la faute s'il est cruel et fou... Qui
est cette femme, à part que c'est « elle » et qu'elle est revenue ? »
![]() |
| Jaquette de l'édition hongroise |
mercredi 6 novembre 2013
"Les mouettes" aujourd'hui en librairie
Le dernier roman traduit en
français (il en reste encore quelques uns à découvrir, si Albin Michel poursuit
dans ses efforts d'édition en français de l'œuvre de Márai) sort aujourd'hui en
librairie.
Les mouettes (titre sous lequel il est publié ; il
aurait été plus conforme au titre original de l'intituler "Une
mouette", ou "Mouette" tout simplement ; mais on sait
bien que le choix d'un titre n'est pas affaire de traduction
fidèle mais de marketing) est un roman écrit en 1942-1943, dans une
période où la Hongrie, si elle a bien choisi son camp, celui du fascisme,
n'a pas encore posé d'acte majeur dans le conflit mondial qui fait rage à ses
frontières.
Et cette situation très spéciale
est un des ressorts de l'intrigue du roman. Le personnage principal vient de
rédiger l'annonce d'une décision étatique majeure dans ce contexte, quand se
présente à lui une femme, qui ressemble à s'y méprendre à celle qu'il a aimée
et qui s'est suicidée quelques années plutôt. En quelques heures va se nouer
entre ces deux êtres des relations de curiosité, d'attirance, de confrontation
et de joute quasi-professionnelle. Sándor Márai y fait preuve une nouvelle fois
de ses qualités de chirurgien des âmes, au style toujours aussi fluide, aussi
précis et en même temps poétique auquel nous ont accoutumés ses autres romans
et très agréablement rendu par sa traductrice Catherine Fay.
Suite
de cette critique dans les prochains jours.
jeudi 17 octobre 2013
"Les mouettes" en librairie, le 7 novembre
Présentation par Albin Michel, son éditeur
LES MOUETTES
Sándor MÁRAI
Traduit du hongrois par Catherine Fay
Collection « Grandes Traductions »
En librairie le 7 novembre 2013
LE LIVRE
« Pendant des dizaines d’années, j’ai traversé ce pont deux
fois par jour et c’est la première fois
que je prête attention aux mouettes, songe-t-il. Je les regarde avec les yeux
de cette femme. Elle a les mêmes yeux
gris vert que l’autre… des yeux d’oiseau ou d’animal. »
Lorsqu’il accueille dans son bureau du ministère la réfugiée
finlandaise venue demander un permis de
séjour et de travail, le haut fonctionnaire est saisi : il croit reconnaître
une jeune fille jadis aimée et qui s’est
donné la mort cinq ans plus tôt par amour pour un autre. Simple hasard ou signe du destin ? Qui est cette «
mouette » venue de si loin et qui prétend se
nommer Aino Laine, « vague unique » en finnois ?
Cette rencontre énigmatique, dont la tension est accrue par
l’imminence de la guerre et l’attente
d’un coup de téléphone, crucial pour l’homme comme pour le sort du pays,
pourrait déboucher sur une révélation, à
moins qu’elle ne fasse qu’épaissir le mystère des êtres. Comme dans Les Braises, écrit un an plus tôt,
ou Divorce à Buda, ce roman où s’exprime la
subtilité du grand écrivain hongrois confronte un homme et une femme à
leur passé dans un de ces face à face
somnambuliques et prenants dont Márai a le secret.
samedi 5 octobre 2013
Un nouveau roman de Márai traduit en français
A paraitre en novembre, chez Albin-Michel
Les mouettes
traduction de Catherine Fay
Les mouettestraduction de Catherine Fay
Un roman qui dans le temps (1943) se situe entre "Les Braises", le livre qui a donné à Sándor Márai sa notoriété en France et un autre chef d'œuvre "La sœur" dont la traduction est parue il y a deux ans.
On y retrouve l'art de la conversation, envisagée presque comme un combat, qu'affectionne Márai. Deux êtres étrangement liés par une ressemblance se (re)trouvent dans un Budapest à côté de la guerre. Un Budapest tout de même englué dans le conflit mondial, dans lequel chacun des deux est impliqué d'une certaine manière.
Ambiance hivernale, glaciale, nocturne. Un roman en noir et blanc où Márai fait une fois encore preuve de son grand talent pour décortiquer les ressorts intimes des hommes et des femmes.
mardi 3 septembre 2013
La sœur en livre de poche
La sœur vient de
paraître en livre de poche. Pour moi l’un
des plus réussis des romans de Márai, certainement nourri d’une expérience
personnelle très douloureuse.
Pour ma part, je regrette beaucoup la photo choisie pour la
couverture, qui n’a vraiment rien à voir avec le contenu du roman. Ah, le
marketing !
Voir aussi dans ce blog :
http://sandor-marai.blogspot.fr/2012/01/sandor-marai-parle-de-la-soeur-dans-son.html
http://sandor-marai.blogspot.fr/2011/12/la-soeur-presentation-de-lediteur.html
http://sandor-marai.blogspot.fr/2012/02/propos-de-la-soeur-et-de-la-medecine.html
http://sandor-marai.blogspot.fr/2011/12/critique-du-monde-des-livres-sur-la.html
http://sandor-marai.blogspot.fr/2011/12/la-critique-du-canard-enchaine-sur-la.html
http://sandor-marai.blogspot.fr/2011/12/la-soeur-presentation-de-lediteur.html
http://sandor-marai.blogspot.fr/2012/02/propos-de-la-soeur-et-de-la-medecine.html
http://sandor-marai.blogspot.fr/2011/12/critique-du-monde-des-livres-sur-la.html
http://sandor-marai.blogspot.fr/2011/12/la-critique-du-canard-enchaine-sur-la.html
dimanche 2 juin 2013
A propos de Márai et Krúdy
A l’occasion de la parution de Sindbad torna
a casa, traduction en italien de Szindbád hazamegy de Sándor Márai (voir message du 21 mai), voici, avec l’aimable autorisation de M.
Ákos Cseke de l’université Pázmány de Budapest, quelques extraits de sa
communication au colloque sur Sándor Márai (avril 2010) reprise dans La
fortune littéraire de Sándor Márai (Editions
des Syrtes ; voir sur ce blog le message du 24 septembre 2012).
... Nous avons, d'un
côté, un auteur ignoré de la plupart des
Français [Krúdy], une œuvre intraduisible, que seuls les Hongrois ont le privilège de pouvoir véritablement comprendre,
et, de l’autre, un roman que notre écrivain [Márai] consacre à cet auteur
mystérieux, dont il imite les thèmes et le
style, parfaitement insaisissables au lecteur français faute de
traduction et faute pour lui de ressentir cette tristesse éminente des Hongrois
dont parle Márai.
Mais ce n'est pas tout :
les difficultés de la traduction commencent dès la traduction du titre, avec le
mot hazamenni, qu'on traduit par « rentrer chez soi » ou « retourner », mais qui renvoie aussi à l'idée de
la mort et de l'agonie. Comme il s'agit de la dernière journée de la vie de Sindbad, le verbe hazamegy signifie
tout simplement « mourir ». Le nom de Sindbad pose également problème.
En effet, si un lecteur français entend parler de Sindbad, il pense à coup sûr au héros des Mille et une nuits, or
le Sindbad en question n'a a rien à
voir avec ces contes arabes. Pour un lecteur hongrois, il est évident
que Sindbad, c'est Krúdy lui-même ou un Krúdy vu par Márai, puisque Sindbad est
le héros de plusieurs œuvres de Krúdy et que Márai, dans son roman, identifie
Krúdy avec son héros, lequel héros, en dehors de son nom, n'a rien de commun
avec le voyageur oriental.
![]() |
| Couverture de l'édition hongroise montrant Krúdy à sa fenêtre |
… Plus qu'un
roman sur Krúdy, Szindbád hazamegy —
que je traduis par Sindbad rentre —
est un roman sur la Hongrie, ce pays « triste dans son cœur[1] », un
roman sur le peuple magyar, sur ses rêves, mais aussi sur les estomacs hongrois
et les panses hongroises, sur les lieux magiques de l'ancien Budapest, sur les
rues et les maisons d'Óbuda, sur les cafés et les bains budapestois, sans
oublier les écrivains contemporains de Krúdy et de Márai. C'est tout un monde
qui se dessine, un monde qui, comme le dit Márai, n'est connu que de deux êtres
: Dieu et Gyula Krúdy.
… Sindbad
rentre reste un roman incontournable, qui appelle à l'analyse du rapport entre
ces deux auteurs hongrois. Pour Márai, Krúdy n'est pas un auteur quelconque ni
simplement l'un de ses auteurs préférés : Gyula Krúdy est l'écrivain par
excellence, le plus grand écrivain du xxe siècle. Ce ne sont pas des paroles en
l'air. D'après son journal de 1989, Krúdy est le seul écrivain qu'il pouvait
encore lire à la fin de sa vie, quand il en avait assez de toute la
littérature. Krúdy, pour lui, est quelque chose d'unique, d'intime ; c'est une
relation amoureuse.
mardi 21 mai 2013
Sindbad torna a casa
Pour celles et ceux qui lisent l'italien, signalons la parution récente de "Sindbad torna a casa" traduction par Marinella d'Alessandro de "Szindbád hazamegy". Ce roman que Sándor Márai écrivit en 1940, est un hommage à Gyula Krúdy écrivain du début du 20ème siècle que Márai vénérait comme un maître et qui tout au long de sa vie avait périodiquement écrit des romans autour du personnage de Sindbad, un véritable double de lui-même.
Extraits de la présentation :
![]() |
| * le personnage représenté sur la couverture n'est pas Krúdy, mais Zoltán Latinovits dans le film "Szindbád" de Zoltán Huszárik (1971) |
... in una mattina di maggio, Sindbad esce dalla
sua abitazione nel sobborgo di Óbuda con l'intenzione, una volta tanto, di
tornare presto e provvisto di denaro e regali per la figlia e la moglie ... Ma dopo aver ceduto alla tentazione di salire su
una carrozza pubblica – una delle ultime –, i buoni propositi cominciano
impercettibilmente a svaporare ... E come in sogno, lasciandosi scivolare in una
morbida flânerie, Sindbad rivisita quel mondo scomparso vagabondando e
indugiando nei luoghi che ancora ne conservano le tracce: dal bagno turco, dove
«Occidente e Oriente si confondevano nella nebbia bollente», ai caffè –
«pacifiche isole della solitudine, della meditazione, della memoria e dei
passatempi silenziosi» –, a uno di quei ristoranti dove ancora si avverte, «nel
profumo dello spezzatino e nell'acidulo odore di birra», la sensazione di vita
che pervade l'ungherese allorché legge i grandi poeti nazionali. Per imboccare
infine la via di casa solo verso l'alba – prendendo congedo, forse per sempre,
da quella città dove tutto pare dimezzato, «come se il piccone del tempo avesse
demolito il nobile, prestigioso edificio del passato».
| Buste de Gyula Krúdy à Óbuda |
... un matin de mai, Sindbad sort de chez lui dans le faubourg d'Óbuda avec l'intention pour une fois, de revenir vite, bien pourvu d'argent et de cadeaux pour sa fille et pour sa femme ... Mais après avoir cédé à la tentation de monter dans un fiacre publique – un des derniers – ses bonnes résolutions commencent doucement à s'évaporer ... Et comme dans un rêve, se laissant glisser dans une douce flânerie, Sindbad, dans un vagabondage hésitant, revisite ce monde disparu dans les lieux qui en conservent encore la trace : depuis le bain turc où "l'Occident et l'Orient se confondaient dans un brouillard brûlant" jusqu'aux cafés – "ces îles pacifiques de la solitude, de la méditation, de la mémoire et des passe-temps silencieux" – ou à l'un de ces restaurants où se perçoit encore, "dans le parfum du ragoût et l'odeur acidulée de la bière", la sensation de vie qui envahit le hongrois lorsqu'il lit les grands poètes nationaux. Pour finir par prendre le chemin de la maison seulement au petit matin – prenant congé, peut-être pour toujours, de cette ville où tout parait coupé en deux, "comme si la pioche du temps avait démoli l'édifice noble et prestigieux du passé".
vendredi 5 avril 2013
Márai mobilisé pour Krúdy
| Buste de Krúdy à Obuda |
Albin Michel "sort" un roman de Gyula Krúdy et fait appel à Sándor Márai pour sa promotion.
Sur le bandeau du roman "L'affaire Eszter Solymosi" qui vient de paraître figure une citation de Sándor Márai : "Gyula Krúdy est un géant". Il semble bien en effet que c'était l'écrivain hongrois le plus admiré par Márai.
Et puis la traductrice en français, Catherine Fay, est aussi celle des derniers romans de Márai publiés chez Albin Michel, qui doit d'ailleurs nous en fournir cet automne un nouveau titre.
.
Et puis la traductrice en français, Catherine Fay, est aussi celle des derniers romans de Márai publiés chez Albin Michel, qui doit d'ailleurs nous en fournir cet automne un nouveau titre.
mardi 29 janvier 2013
La critique de "Les étrangers" dans le Canard enchaîné
La critique d'Igor Capel dans le Canard enchaîné du 19 décembre 2012
Pour une lecture plus confortable, cliquer sur le lien ci-dessous
Les Étrangers - Critique du Canard enchaîné
dimanche 18 novembre 2012
Les étrangers - Critique dans l'Homme en Question
Au miroir de Paris
Dans les romans de
Sàndor Màrai, le mystère toujours s'invite et réinvente les contours incertains des personnages. Dans ce grand opus qui n'avait pas encore été traduit en français, le mystère prend les traits d'un jeune Hongrois, docteur en philosophie, dont nous ne saurons pas le nom. Arrivé à Paris en juin
1926 après un an d'études à Berlin, il reste deux années en France, entre un Paris où ses points d'attache se résument à quelques cafés, cabarets et hôtels, et une Bretagne idyllique où l'entraîne une femme rencontrée à Montparnasse. Étranger à ce pays qui le fascine et le maltraite, étranger aux autres, étranger à lui-même, ce jeune homme cherche à conforter sa condition d'Européen et à appréhender qui il est, ce qu'il aime ou rejette. Il évolue parmi d'autres étrangers – un Albanais, un sculpteur hongrois,
un Russe, une Danoise qui écrit des
livres pour enfants – qui tous survivent
comme lui tant bien que mal, dans
le Paris de la fin des Années folles, décrit de façon expressionniste, avec une grande
force d'évocation.
Dans les romans de
Sàndor Màrai, le mystère toujours s'invite et réinvente les contours incertains des personnages. Dans ce grand opus qui n'avait pas encore été traduit en français, le mystère prend les traits d'un jeune Hongrois, docteur en philosophie, dont nous ne saurons pas le nom. Arrivé à Paris en juin
1926 après un an d'études à Berlin, il reste deux années en France, entre un Paris où ses points d'attache se résument à quelques cafés, cabarets et hôtels, et une Bretagne idyllique où l'entraîne une femme rencontrée à Montparnasse. Étranger à ce pays qui le fascine et le maltraite, étranger aux autres, étranger à lui-même, ce jeune homme cherche à conforter sa condition d'Européen et à appréhender qui il est, ce qu'il aime ou rejette. Il évolue parmi d'autres étrangers – un Albanais, un sculpteur hongrois,
un Russe, une Danoise qui écrit des
livres pour enfants – qui tous survivent
comme lui tant bien que mal, dans
le Paris de la fin des Années folles, décrit de façon expressionniste, avec une grande
force d'évocation.
Le mystère se révèle
alors, qui dit la réalité et ses contrastes multiples, qui dit l'auteur et ses doubles.
Numéro 35 - automne 2012 de "L'Homme en Question", revue éditée par Albin Michel
Voir d'autres critiques sous l'onglet "Oeuvres traduites en français"
jeudi 25 octobre 2012
Les Etrangers - ma critique
Je ne reprendrai pas ici la
présentation générale de ce roman, que mes lecteurs peuvent facilement trouver
sur le site d’Albin Michel (http://www.albin-michel.fr/Les-Etrangers-EAN=9782226244291).
Comme
ce blog le prouve, je fais partie de ceux que le critique de « La Libre
Belgique » qualifie de « monomaniaques de bon goût » de l’auteur
hongrois (merci, Eric de Bellefroid). Et pourtant, pour la première fois je me
suis un peu ennuyé à la lecture d’un de ses romans, essentiellement dans sa
première partie. Peut-être avais-je eu le tort de relire juste avant « Les Confessions d’un Bourgeois » (parues
quelques années après « Les
étrangers »), où l’épisode parisien des tribulations de Sándor Márai est passionnant. Il me semble que la
transformation de ce moment de sa vie en chapitres d’un roman ait moins réussi
à Márai. Attendant « qu’il se passe quelque chose », je ne me suis
pas vraiment intéressé aux errances parisiennes du jeune docteur en philosophie
hongrois, ni à la galerie de personnages secondaires, à leurs stations prolongées au « Dôme », à leurs
conversations sur l’art ou sur les citoyens
du monde.
Ceci dit, il reste des formulations savoureuses dont Sándor
Márai a le secret et si bien rendues par la traductrice, Catherine Fray.
Sur le charme de Paris
par exemple :
« Il
errait, flânait et observait, il commençait à deviner quelque chose – que le terme charme de Paris, que les agents
littéraires et artistiques avaient
mis en circulation comme une sorte d'attraction pour les étrangers, n'était ni
Mistinguett, ni les parfums et les restaurants, ni les mirages de la nuit mais
quelque chose d'entièrement différent,
très difficile à définir et encore plus difficile à trouver, qui n'est
rien d'autre que l'évidence avec laquelle tout est à sa place, que tout est
bien tel qu'il est et que tout le monde fait ce qu'il veut, avec l'intention de
n'être à la charge de personne. Le charme de Paris, c'était
l'atmosphère. On vivait plus près de soi et de la vie. Tout était plus proche,
la tristesse, la joie et l'ennui, plus sincère et plus naturel. »
dimanche 14 octobre 2012
Les étrangers - Premières critiques
Le roman "Les étrangers", traduit du hongrois par Catherine Fay pour Albin Michel, est disponible en librairie depuis le 3 octobre. Voici quelques liens qui permettent d'en lire les premières critiques :
http://www.hebdo.ch/sandor_marai_le_ressuscite_eternel_164459_.html
http://www.decitre.fr/livres/les-etrangers-9782226244291.html
http://toutelaculture.com/2012/10/les-etrangers-sandor-marai-decrit-le-paris-de-lentre-deux-guerres-a-travers-les-yeux-dun-jeune-immigre-hongrois/http://www.hebdo.ch/sandor_marai_le_ressuscite_eternel_164459_.html
http://www.decitre.fr/livres/les-etrangers-9782226244291.html
http://www.lalibre.be/culture/livres/article/763961/sandor-marai-exile-de-lui-meme.html
http://www.babelio.com/livres/Mrai-Les-etrangers/419060
Je publierai ma propre recension dans quelques jours.
FG, dit Vati
dimanche 4 mars 2012
Je ne veux plus "écrire" de "romans"
J’ai achevé « La sœur ». Et je crois que j’ai aussi terminé ma carrière de « romancier » … en tout cas je l’ai achevée dans le sens où j’ai pratiqué ce genre ces dernières années.
Je ne veux plus « écrire » de « romans »*. Je veux seulement écrire, comme me le dictent la grâce de Dieu et mon humeur aussi longtemps que je peux, sans me contraindre aux limites définies du genre. Amen
Extraits du journal de l'année 1945, d'après la traduction allemande de Clemens Prinz
(Sándor Márai, Unzeitgemäße Gedanken, Tagebücher 2, 1945 / Piper Verlag, 2009)
(Sándor Márai, Unzeitgemäße Gedanken, Tagebücher 2, 1945 / Piper Verlag, 2009)
* Après cette mention dans son journal (vraisemblablement mi-avril 1945) Sándor Márai écrira essentiellement "pour le tiroir" et ne produira plus que quelques romans (Paix à Ithaque, Le miracle de San Gennaro, Libération - posthume - et un roman policier dont il parle dans son journal de 1985 ) tout en rassemblant des parutions antérieures.
jeudi 1 mars 2012
Une préfiguration de "Libération" dans le journal de 1945
Un matériau extraordinaire entre les mains d'un touche-à-tout du théâtre : sous le titre "Abri anti-aérien" décrire un siège pendant lequel dans la cave d’un immeuble de rapport d’une ville détruite, dépeuplée, des gens « éduqués » oublient toute forme d’éducation à la première explosion de grenade et deviennent semblables à des animaux, pire que des bêtes, n’apprennent rien, n’oublient rien, et quand le premier soldat ennemi pénètre dans la cave et qu’ils sont « libérés » du cauchemar du siège, ils recommencent à zéro la comédie mensongère de la « culture ».
Extraits du journal de l'année 1945 d'après la traduction allemande de Clemens Prinz
(Sándor Márai, Unzeitgemäße Gedanken, Tagebücher 2, 1945 / Piper Verlag, 2009)
(Sándor Márai, Unzeitgemäße Gedanken, Tagebücher 2, 1945 / Piper Verlag, 2009)
jeudi 26 janvier 2012
Sándor Márai parle de "La soeur" dans son journal
Au milieu de soldats kirghizes et mongoles traînaillant et sous le tonnerre de feu qui vient de Budapest, complètement lessivé et pourtant avec une totale concentration, j’écris la suite de « La sœur ». Ce n’est peut-être pas convenable d’avoir ce comportement pour une personne « sensible et compatissante » ; mais je ne peux rien faire d’autre, je ne suis qu’un homme.
plus loin
Les dernières pages de « La sœur ». Ce serait pourtant bien de répondre à la question, de ce qu’est la maladie. Car « ordre du monde blessé » et « dieu malade » ne sont que des mots.
Je n’ai pas de réponse. Certainement la maladie est une posture : plus exactement le manque de posture. Un jour l’homme devient lâche ou stupide ou pèche, et alors il tombe malade. Pourtant ça ne peut pas s’analyser. Il y a des maladies qui guérissent parce qu’on les traite. Et il y a des maladies que l’on ne traite pas et qui pourtant guérissent. Et il y a des maladies qui guérissent malgré le traitement. Et il y a des maladies dont nous n’apprenons jamais pourquoi elles guérissent, grâce ou malgré le traitement. Il faudrait disposer de deux exemplaires de chaque malade – traiter l’un et l’autre pas –, pour être fixé.
Je crois que la maladie, pour une grande partie, est une auto-punition ; puis de la lâcheté ; et pour finir expression de panique, cette panique qui saisit l’homme de temps en temps dans le chaos terrible de l’être.
plus loin encore (il raconte la même anecdote dans "Mémoires de Hongrie" mais sans faire allusion à "La soeur")
A midi, visite d’un groupe de russes. Des officiers. Ils sont six, ne demandent pas à manger, ni à boire, s’entretiennent amicalement. Ils regardent les livres, se renseignent si j’aurais aussi des livres russes. L’un d’eux prend l’édition allemande d’un roman de Tolstoï ; leur chef, un major moscovite, dit d’un ton sévère que des troupes allemandes et hongroises ont dévastés Iasnaïa Poliana. Ils s’intéressent à ma machine à écrire, le major se penche sur mes manuscrits et me prie de lui donner quelques doubles de mon manuscrit en souvenir ; il reçoit quelques pages de « La sœur » et le range précautionneusement dans son porte-carte. En prenant congé il dit : « Ecrivez qu’un major russe est venu ici et qu’il ne vous a rien fait de mal. ». Je l’écris.
Extraits du journal de l'année 1945 d'après la traduction allemande de Clemens Prinz
(Sándor Márai, Unzeitgemäße Gedanken, Tagebücher 2, 1945 / Piper Verlag, 2009)
(Sándor Márai, Unzeitgemäße Gedanken, Tagebücher 2, 1945 / Piper Verlag, 2009)
mardi 27 décembre 2011
mercredi 21 décembre 2011
La Soeur - Présentation de l'éditeur
Ecrit juste après Les Braises, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, La Soeur est le dernier livre que publie Sandor Marai en Hongrie, peu avant son exil. Ce très grand romancier de la Mitteleuropa y est au sommet de son art. En 1939, un pianiste hongrois en pleine gloire est brusquement hospitalisé à l’issue d’un concert à Florence, victime d’un mal mystérieux. Il va passer trois mois en proie à de grandes souffrances, dans un état quasi-hallucinatoire parfois, tandis que quatre infirmières, des religieuses à la fois bienveillantes et un peu inquiétantes, lui dispensent l’oubli à coups de morphine. Ce sont ses "rendez-vous chimiques" qu’il attend avec l’impatience d’un amant. Tandis qu’au-dehors la guerre se déchaîne, Z mène à huis clos un combat contre un mal intérieur dont il cherche les causes. Il revisite la relation passionnelle qu’il entretient depuis plusieurs années avec une femme mariée, belle et frigide. Un bonheur qui se nourrissait du manque et du déni. Mais la dépossession de soi qu’engendre la maladie est peut-être le premier pas vers une renaissance. Dans ce roman contemplatif, somnambulique et profond, Marai développe une réflexion subtile sur la maladie comme révélateur, l’impuissance de l’artiste, l’amour instrument de vie et de mort, mais aussi sur le don de soi et la générosité qui sauve.
lundi 12 décembre 2011
Critique du Monde des livres sur "La soeur"
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Le Monde des livres 10.11.11
http://www.lemonde.fr/livres/article/2011/11/10/la-soeur-de-sandor-marai_1601740_3260.html
On reconnait déjà dans ce huis clos le charme et la compétence de l'auteur. Mais ce roman publié en 1946, quatre ans après Les braises, développe des ambitions nouvelles chez Marai. Il ne s'agit plus de décrire un rapport entre deux personnes mais de façon plus intime, du questionnement d'un homme seul, sûr de lui-même, à qui la vie fait découvrir ses faiblesses, ses lâchetés et ses insuffisances....Jean Soublin
Le Monde des livres 10.11.11
http://www.lemonde.fr/livres/article/2011/11/10/la-soeur-de-sandor-marai_1601740_3260.html
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