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mercredi 26 septembre 2018

Les cafés de Sándor Márai, le samedi 29 septembre

au café "Le Sorbon", 60 rue des Ecoles, de 17 à 19h

Les cafés sont à la fois espaces de travail et lieux de socialisation. Sa vie durant, Sándor Márai ne cesse de les fréquenter et, dès ses débuts de romancier, il les transpose dans l'univers de sa fiction. Dès lors, les trois capitales que l'auteur connaît comme sa poche pour y avoir vécu dans la période de l'entre-deux-guerres – Paris, Berlin et Budapest – se dévoilent, sous le regard scrutateur d'un écrivain responsable, par l'entremise de quelques cafés littéraires emblématiques.
 
Au café "Le Sorbon, 75005 Paris
Intervenants : András Kányádi, Julie Chaize
Entrée libre avec consommation obligatoire de 5€ par personne

voir http://www.parizs.balassiintezet.hu/fr/programmes/les-cafes-de-sandor-marai/
Information : accueil@instituthongrois.fr Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. | +33 1 43 26 06 44

mardi 5 juin 2012

Le regard de Sándor Márai sur ses confrères en littérature

Une nouvelle page en construction

Sándor Márai était un grand lecteur et à partir de son recueil "Quatre saisons, poèmes en prose" et surtout dans "Ars Poetica", deuxième partie de "Ciel et terre" il livre à ses lecteurs ses jugements et appréciations sur des écrivains passés ou de son temps. Dans les journaux qu'il tient il note aussi fréquemment ses impressions de lecture.
J'essaye de rassembler les textes que Sándor Márai consacre à différents écrivains sur une nouvelle page de ce blog "Le regard de Sándor Márai sur ses confrères en littérature" (voir les onglets en tête de blog).
A côté des plus grands noms comme Shakespeare ou Goethe, vous aurez peut-être l'occasion aussi d'y découvrir des auteurs moins connus en particulier hongrois, bien sûr, qui vous donneront comme à moi l'envie d'aborder des rivages moins familiers de la littérature européenne.

Cette page est en cours de construction et risque de ne pas être de bonne qualité pendant un certain temps. Pardonnez m'en (je ne suis pas un grand expert de l'éditeur de ce blog !)

jeudi 26 janvier 2012

Sándor Márai parle de "La soeur" dans son journal

Au milieu de soldats kirghizes et mongoles traînaillant et sous le tonnerre de feu qui vient de Budapest, complètement lessivé et pourtant avec une totale concentration, j’écris la suite de « La sœur ». Ce n’est peut-être pas convenable d’avoir ce comportement pour une personne « sensible et compatissante » ; mais je ne peux rien faire d’autre, je ne suis qu’un homme.
plus loin
Les dernières pages de « La sœur ». Ce serait pourtant bien de répondre à la question, de ce qu’est la maladie. Car « ordre du monde blessé » et « dieu malade » ne sont que des mots.
Je n’ai pas de réponse. Certainement la maladie est une posture : plus exactement le manque de posture. Un jour l’homme devient lâche ou stupide ou pèche, et alors il tombe malade. Pourtant ça ne peut pas s’analyser. Il y a des maladies qui guérissent parce qu’on les traite. Et il y a des maladies que l’on ne traite pas et qui pourtant guérissent. Et il y a des maladies qui guérissent malgré le traitement. Et il y a des maladies dont nous n’apprenons jamais pourquoi elles guérissent, grâce ou malgré le traitement. Il faudrait disposer de deux exemplaires de chaque malade – traiter l’un et l’autre pas –, pour être fixé.
Je crois que la maladie, pour une grande partie, est une auto-punition ; puis de la lâcheté ; et pour finir expression de panique, cette panique qui saisit l’homme de temps en temps dans le chaos terrible de l’être.
plus loin encore (il raconte la même anecdote dans "Mémoires de Hongrie" mais sans faire allusion à "La soeur")
A midi, visite d’un groupe de russes. Des officiers. Ils sont six, ne demandent pas à manger, ni à boire, s’entretiennent amicalement. Ils regardent les livres, se renseignent si j’aurais aussi des livres russes. L’un d’eux prend l’édition allemande d’un roman de Tolstoï ; leur chef, un major moscovite, dit d’un ton sévère que des troupes allemandes et hongroises ont dévastés Iasnaïa Poliana. Ils s’intéressent à ma machine à écrire, le major se penche sur mes manuscrits et me prie de lui donner quelques doubles de mon manuscrit en souvenir ; il reçoit quelques pages de « La sœur » et le range précautionneusement dans son porte-carte. En prenant congé il dit : « Ecrivez qu’un major russe est venu ici et qu’il ne vous a rien fait de mal. ». Je l’écris.
Extraits du journal de l'année 1945 d'après la traduction allemande de Clemens Prinz
(Sándor Márai, Unzeitgemäße Gedanken, Tagebücher 2, 1945 / Piper Verlag, 2009) 

lundi 2 janvier 2012

Bilan

BILAN
Je ferme les yeux et je regarde rapidement en arrière sur l’année écoulée.
La récolte a été moyenne. Je pense naturellement à celle que j’ai engrangée. Le roman a été canardé, mais les articles parus, plutôt comme ci comme ça. Ma pièce de théâtre n’a pas été montée, une fois de plus. Je me suis presque arrêté de fumer jusqu’à ce que je remarque que ça n’en vaut pas la peine, car l’année prochaine – peut-être tout de même – il y aura la guerre mondiale et toute mesure de précaution, tout sacrifice aurait alors été vain. Ma constitution physique ne s’est pas particulièrement modifiée ; chaque matin je constate que je vis. Et cela me réjouit – encore. Sur la mort je n’ai rien pu apporter de nouveau comme expérience. Seulement qu’elle existe : d’année en année j’en suis de plus en plus persuadé. Pour ce qui est de l’amour j’ai appris qu’il me proposait une nouvelle nuance, quelque chose que je ne connaissais pas jusqu’à présent, qui est plus intéressant que l’aventure, plus excitant que l’enlèvement du sérail. Et ce quelque chose c’est la tendresse. Très intéressant. Je ne veux plus offrir un amour à soixante dix degrés et pas non plus en recevoir de tel, je me contente de la tendresse.
L’année dernière j’ai lu un livre sur les profondeurs marines et j’ai appris du nouveau sur le monde. J’ai lu aussi quelques douzaines de romans, ils ne m’ont rien dit de nouveau. Dans l’exercice de son métier l’homme se blase. Ne voit souvent plus que des phrases et des attributs en lieu de sentiments et de vérités. On devrait apprendre le bégaiement. Souvent le bégaiement vaut plus que le flot naturel du discours. Un écrivain qui ne peut plus mettre sur papier que des belles phrases est quelque part immoral.
Les dames portaient de hauts chapeaux. En Espagne grondait la guerre civile. Un de mes amis, dont il n’existait qu’un exemplaire au monde, est mort. Je n’ai pas fait fortune l’année dernière, et pas de dettes non plus. J’ai juste gagné un peu moins que ce dont j’aurais eu besoin pour donner à ma vie un peu de couleur et d’amabilité.
Elle n’a rien eu d’historique, cette année, plutôt bourgeoise, sans joie ni tragédie particulière. J’en prends congé sans émotion intérieure et j’ai l’impression que je pleurerai encore sur elle.

Extrait de "Janvier" dans "Les quatre saisons"
d'après la traduction en allemand de Ernö Zeltner (Die vier Jahreszeiten, Piper Verlag, 02/2009)


Vraisemblablement écrit en 1937 (le livre a été publié en 1938).

mercredi 21 décembre 2011

La Soeur - Présentation de l'éditeur

Ecrit juste après Les Braises, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, La Soeur est le dernier livre que publie Sandor Marai en Hongrie, peu avant son exil. Ce très grand romancier de la Mitteleuropa y est au sommet de son art. En 1939, un pianiste hongrois en pleine gloire est brusquement hospitalisé à l’issue d’un concert à Florence, victime d’un mal mystérieux. Il va passer trois mois en proie à de grandes souffrances, dans un état quasi-hallucinatoire parfois, tandis que quatre infirmières, des religieuses à la fois bienveillantes et un peu inquiétantes, lui dispensent l’oubli à coups de morphine. Ce sont ses "rendez-vous chimiques" qu’il attend avec l’impatience d’un amant. Tandis qu’au-dehors la guerre se déchaîne, Z mène à huis clos un combat contre un mal intérieur dont il cherche les causes. Il revisite la relation passionnelle qu’il entretient depuis plusieurs années avec une femme mariée, belle et frigide. Un bonheur qui se nourrissait du manque et du déni. Mais la dépossession de soi qu’engendre la maladie est peut-être le premier pas vers une renaissance. Dans ce roman contemplatif, somnambulique et profond, Marai développe une réflexion subtile sur la maladie comme révélateur, l’impuissance de l’artiste, l’amour instrument de vie et de mort, mais aussi sur le don de soi et la générosité qui sauve.

lundi 12 décembre 2011

Critique du Monde des livres sur "La soeur"

...
On reconnait déjà dans ce huis clos le charme et la compétence de l'auteur. Mais ce roman publié en 1946, quatre ans après Les braises, développe des ambitions nouvelles chez Marai. Il ne s'agit plus de décrire un rapport entre deux personnes mais de façon plus intime, du questionnement d'un homme seul, sûr de lui-même, à qui la vie fait découvrir ses faiblesses, ses lâchetés et ses insuffisances....  
 Jean Soublin

Le Monde des livres 10.11.11
http://www.lemonde.fr/livres/article/2011/11/10/la-soeur-de-sandor-marai_1601740_3260.html

mardi 6 décembre 2011

Sur "La sœur", dernier roman paru en français

Qu’on ne s’y méprenne pas. Ce roman ne traite pas d’une relation familiale. La sœur (le titre hongrois serait plus justement traduit par « L’infirmière ») dont il est question est l’une des quatre religieuses (mais laquelle ?) qui soignent pendant plusieurs mois le personnage principal du dernier roman paru en français de Sándor Márai, un célèbre pianiste, Z., tombé brusquement et mystérieusement malade à la fin d’un concert à Florence.
Mais le titre n’est pas l’élément le plus déroutant du roman. Comme bien souvent chez Sándor Márai, « La sœur » comporte plusieurs parties bien distinctes et la première partie qui se déroule dans une auberge de montagne hébergeant pour les fêtes de Noël une société très mélangée semble, malgré un incident tragique (le suicide d’un couple illégitime et insignifiant), ne servir qu’à introduire la relation qui s’établit entre le narrateur et Z. Et à justifier que ce dernier lui lègue le récit de la maladie qui l’a éloigné des salles de concert et même de la société qu’il fréquentait auparavant.
Tout ce roman tourne autour de la vie, de la mort et de la maladie, constitue une longue réflexion sur les forces obscures qui gouvernent l’âme et le corps,
leurs faiblesses, leurs dérèglements. Z. sortira de sa maladie de manière aussi mystérieuse qu’il y est entré mais pas sans dommages.

mardi 1 novembre 2011

A propos de L'étrangère

« Márai est un écrivain d'une cruauté infinie, détaillant la mesquinerie des hommes, tout juste capables d'éprouver de « petites souffrances » qui jalonnent leur existence médiocre. » Télérama

dimanche 30 octobre 2011

Ebauche de biographie

Sándor Károly Henrik Grosschmid (il signera Sándor Márai, d’un titre porté par sa famille, à partir de 1919) nait à Kassa (alors chef-lieu de la Haute Hongrie, aujourd’hui Košice en Slovaquie) le 11 avril 1900, premier enfant de Gezá Grosschmid juriste et de Margit Ratkovszky professeur au Lycée de jeunes filles.
Après des études, d’abord avec des précepteurs puis dans différents lycées (il est assez indiscipliné) il passe son baccalauréat en 1918 et est déclaré inapte au service militaire la même année. En 1919 pendant la révolution des conseils de Béla Kun, il écrit dans un journal révolutionnaire.
L’errance
Après la défaite des communistes Sándor Márai part étudier en Allemagne, d’abord à Leipzig, puis à Francfort et Berlin, où il mène une vie très libre, vivant essentiellement des subsides envoyés par son père et d’articles qu’il écrit pour des journaux hongrois et allemands dont la prestigieuse « Frankfurter Zeitung ». Il écrit des critiques, des pièces de théâtre et traduit Kafka en hongrois
En 1922 il rencontre à Berlin Ilona Matzner (Lola), une jeune fille de Kassa qu’il connaissait déjà. Il en tombe amoureux et ils se marient à Budapest l’année suivante. Ils s’installent à Paris où ils resteront cinq ans. Sándor Márai y fréquente écrivains et artistes, vit assez pauvrement et fait quelques voyages dont un assez long au proche orient qui donnera lieu à un livre (« Sur la trace des Dieux »*). Excepté un roman « Le Boucher »*, son activité littéraire est alors essentiellement journalistique : il envoie régulièrement des chroniques à des journaux hongrois et commence à se faire une notoriété dans son pays.
Le succès
En 1928 Sándor Márai et Lola reviennent en Hongrie et s’installent à Budapest (Kassa était devenue tchécoslovaque par le traité de Trianon en 1919). Alors commence une activité littéraire intense et prolifique (jusqu’à quatre œuvres majeures par an) très rapidement reconnue dans son pays et qu’il n’interrompra en 1944 qu’en protestation contre l’occupation allemande de son pays et la prise de pouvoir par les fascistes des croix fléchées. De cette époque datent notamment les romans « Premier amour » (1928), « Les révoltés » (1930), « Un chien de caractère » (1932), « Les confessions d’un bourgeois » et « L’étrangère » (1934), « Divorce à Buda » (1935), « Patrouille à l’ouest »* (1936), « Les jaloux »* (1937), « L’héritage d’Eszter » (1939), « La conversation de Bolzano » et « Sinbad rentre chez lui »* (1940), les deux premières parties de « Métamorphoses d’un mariage » (1941), « Les braises » (1942), « La mouette »* (1943),. Tout en publiant des chroniques régulières dans des journaux, il écrit aussi pendant cette période des pièces de théâtre, des essais comme « Ecole pour les pauvres »* (1933), et plusieurs recueils de « formes courtes » (réflexions, aphorismes, poèmes en prose …) comme « Les quatre saisons »* ou « Ciel et terre »**. Sans jamais s’agréger à une quelconque coterie littéraire, il entretient des rapports de bon voisinage avec ses confrères contemporains comme Dezső Kosztolányi ou Zsigmond Móricz et une correspondance régulière avec Tibor Déry.
Des années noires
Déjà assombrie par les événements politiques (Régence dictatoriale ultra conservatrice de l’amiral Horthy, arrivée d’Hitler au pouvoir, Anschluss, puis deuxième guerre mondiale) la vie de Sándor Márai subit à cette époque plusieurs épreuves personnelles majeures. D’abord en 1934 la mort de son père à qui le liait une profonde affection et estime, puis en 1939 le décès à six semaines de son unique enfant, Kristóf. (Vers la fin de la guerre, il adoptera Janós un orphelin, ou enfant abandonné, on ne sait pas trop). Et enfin au retour du village où il avait trouvé refuge pendant le siège de Budapest, il retrouve sa maison en ruines.
Après la « libération » de la Hongrie et la prise de pouvoir progressive d’un régime communiste au sein d’une république populaire qui d’abord l’honore (nomination comme Secrétaire Général de L’Union des Ecrivains en 1945, puis élection à l’académie des sciences en 1947) puis le tolère, il publie encore quelques romans comme « La sœur »* (1946) et « Les offensés »* (1947 – 1948) mais fait l’objet de critiques de plus en plus virulentes, en particulier du grand intellectuel marxiste George Lukács. Petit à petit il se fait à l’idée de quitter son pays.
Il racontera beaucoup plus tard (1972) la période des années de la fin de la guerre à son exil dans le passionnant « Mémoires de Hongrie ».
Départ en exil
A l’occasion d’une rencontre internationale d’écrivains à Genève il obtient facilement un visa pour lui et sa famille (il semble que le régime soit plutôt content d’être débarrassé d’une voix qu’il aurait eu du mal à faire taire, alors qu’une fois l’écrivain parti il le fera purement et simplement disparaître des rayons des bibliothèques et des librairies, à la manière de ces photos retouchées où les proches disgraciés disparaissaient dans l’iconographie officielle). Après quelques semaines passées en Suisse qui se révèle trop onéreuse pour ses faibles ressources, il refuse une offre de son éditeur allemand de s’installer en Allemagne où son dernier roman traduit (La mouette) a eu un gros succès, estimant « qu’il ne trouve aucun contact spirituel avec les allemands. Je vais déménager en Italie où rien ni personne ne m’attend. »
Loin de la patrie
Il s’installe en effet à Naples dans le quartier de Pausilippe, où il situera plus tard son roman « Le miracle de San Gennaro » (publié en allemand en 1957, puis en hongrois en 1965). Il fait fréquemment des voyages à Rome, où il est missionné par Radio Free Europe pour des émissions régulières destinées à la Hongrie et auxquelles il ne mettra fin qu’en 1967, « couvrant » notamment la période de l’insurrection de 1956. Pendant cette période, il lit beaucoup mais à part la tenue de son journal et l’écriture d’articles pour les journaux de l’émigration, son activité littéraire est alors moins intense et se borne à la publication de « Paix à Ithaque » (1952).
New York (1952-1967)
Préoccupé par l’éducation de Janós et la situation politique italienne incertaine, il part en 1952 aux Etats-Unis (dont il devient citoyen en 1957) où il s’installe à New York. Pendant ce premier séjour américain il effectue plusieurs voyages dont un périple à travers les Etats Unis qui seront l’occasion d’un journal de voyage « Le vent vient de l’ouest »*. Son activité littéraire se réduit encore. A part « Le miracle de San Gennaro » déjà cité il ne fait paraître que son journal de 1945 à 1957 et une pièce en vers « Un monsieur de Venise ». Sándor Márai se transforme en éditeur de ses œuvres qu’il diffuse auprès d’amis et de librairies hongroises dans le monde. Il passe beaucoup de son temps dans les bibliothèques publiques et dans les musées mais malgré le confort américain il regrette l’Europe et en mai 1967 se décide à retourner en Italie.
Sous le soleil de la Méditerranée (1967-1980)
Les Márais emménagent à Salerne. Ils profitent de la proximité immédiate de la mer (l’un et l’autre aimaient beaucoup la natation) et mènent une vie très calme. Sándor Márai continue à éditer lui-même certains de ses ouvrages comme son journal des années 1958 à 1967 ou un roman « Un fortifiant »* (1975). Paraissent également pendant cette période chez divers éditeurs « Le jugement de Canudos »* (1970), « Il s’est passé quelque chose à Rome »* (1971), « Mémoires de Hongrie » (déjà cité), la dernière partie de « Métamorphoses d’un mariage » (1980), son journal des années 1968 à 1975 et une anthologie de poèmes « Le dauphin regarde en arrière »* (1978). Mais des problèmes de santé préoccupent le couple (Sándor victime d’une hémorragie intestinale doit passer un mois à l’hôpital) et ayant peu confiance dans le système de santé italien ils décident en mai 1980 de retourner aux Etats-Unis.
Dernières années, dernières épreuves (1980-1989)
Cette fois c’est sur la côte pacifique, à San Diego, que s’installent Sándor Márai et Lola, à une soixantaine de km de leur fils János. Il écrit peu en dehors de son journal : une pièce de théâtre « Job … et son livre »* (1982) et deux romans « Les trente deniers »* (1983) et « Amour de cœur »* (1985).  La santé de Lola se dégrade : quasi-cécité, fréquentes pertes de connaissance, dégradation des facultés mentales puis cancer. Et Sándor lui-même est victime d’un glaucome qui diminue fortement sa vue. Il se dévoue entièrement au soutien de Lola jusqu’à son décès le 4 janvier 1986. Il perd successivement son frère Gabor, sa sœur Kato puis le benjamin de ses frères le metteur en scène de cinéma Gezá von Radványi, et enfin son fils adoptif János (23 avril1987) d’une forme brutale d’endocardite. On commence à se souvenir de lui en Hongrie, mais il décline toute forme de « re-connaissance ». Le 22 février 1989 il se tire une balle dans le crâne. Selon sa volonté ses cendres sont dispersées dans le Pacifique comme l’avaient été celles de Lola et de János.
Sources
  • Ernö Zeltner : Sándor Márai - Ein Leben in Bildern, en allemand, Piper Verlag GmbH, München (2001)
  • Sándor Márai : Tagebücher 2 – 1984-1989 (en allemand, traduit du hongrois par Hans Skirecki), Oberbaum Verlag GmbH, Berlin (2001)
  • Sándor Márai, Tibor Simanyi : Lieber Tibor – Briefwechsel (en allemand, traduit du hongrois par Tibor Simanyi), Piper Verlag GmbH, München (2002)
  • Wikipédia allemand, français et hongrois : notices sur Sándor Márai
  • Base littéraire plurilingue de la fondation hongroise du livre,
    versions française et allemande (http://www.hunlit.hu/index.d2?language=fr et http://www.hunlit.hu/index.d2?language=de)


* Les ouvrages portant un titre suivi d’un astérisque ne sont pas traduits en français (à la date du 30/10/2011). Les titres indiqués sont extraits de la « Base Littéraire plurilingue de la fondation hongroise du livre » (voir « Sources »)